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Facile et pas cher ! Pour quatre. Achetez du filet de canard chez votre boucher. Pas dans une grande surface, ou pire, chez un discounter. Sauf si vous aimez la viande qui rétrécit et donne du gras. Quatre clémentines, deux rutabagas, quatre petits navets violets, une dizaine de patates vapeur, du persil et une tête d'ail chez votre marchand de fruits et légumes ou chez l'épicier. Les joies du commerce de proximité le week-end ! Ne perdez pas trop de temps à papoter dans le quartier, même si vous avez plein de choses à raconter. Il vous faudra aussi du sucre semoule, du vinaigre, du sel, du poivre, deux clous de girofle, du beurre, et de la confiture de framboise. Cette dernière sera remplacée par n'importe quelle confiture pourvue que ce soit une baie.
Lavez, épluchez rutabagas, patates et navets. Jetez dans l'eau bouillante et salée avec les épluchures des rutabagas et navets. Ceci pour garder le plus longtemps possible le goût particulier de ces derniers. Mettez les clous de girofle. Laissez bouillonner suffisamment longtemps pour que les éléments se soient ramollis mais pas trop. Mi-cuits.
Pendant ce temps, découpez les filets en mini-filets. Faites-les dorer dans une poêle chaude et sans matière grasse, de tous côtés. Une fois dorés, vous ajoutez des noisettes de beurre, de l'ail, vous couvrez et baissez le feu. Je ne vous donne pas de durée. Le canard est une viande délicate qu'il faut estimer toutes les dix minutes en la goûtant pour voir si elle est à point. Ce qui fait que je prévois un filets de moins dans mon assiette à l'arrivée...^^
Sortez les filets de la poêle et réservez. Gardez le jus de cuisson. Découpez les rutabagas, navets et les patates en dés. Faites les revenir dans la poêle avec le jus de cuisson. Allongez le jus si besoin, avec du beurre ou le l'huile (de noisette, c'est ma préférée !) Sortez crucifères et solanacées de la poêle et réservez.
Utilisez toujours la même poêle avec le même jus de cuisson. Arrosez d'un nuage de sucre, d'un fond de vinaigre, d'un fond de verre de vin rouge, d'une cuiller à soupe de confiture de framboise, les clémentines en quartiers. Quartiers ou... cuisses. Prenez soin d'enlever les parties blanches accrochées à la chair des clémentines. Ajoutez une épluchure de clémentine, que vous retirerez par la suite. Mélangez sur feu vif. Quand tout est bien revenu, remettez ensemble tous les produits de la recette, de façon qu'ils soient servis chauds. Laissez cuire encore cinq minutes à feu moyen.
Apprêtez les assiettes selon votre sens légendaire de l'esthétique et ajoutez du persil. Sonnez la cloche. Le repas est prêt !
Ce plat est accompagné d'un Moulin à Vent 1998. Il a été préparé en compagnie de Anita Baker. Une assistante de premier choix^^
Juste pour le plaisir de la connaissance : savez-vous d'où viennent les macarons ? On les trouve d'abord à Marrakech, rapportés d'Andalousie par le Grand Sultan Youssef Ibn Tachfine, premier roi de la dynastie berbère des Almoravides. Ils étaient alors préparés à base de pâte d'amande, de blanc d'œuf et, tenez-vous bien, de kif kif, c'est-à-dire de hachich ! T'en veuuux...? Ils étaient consommés particulièrement en période de Ramadan.
Ensuite, ils passent en Sicile et à Venise, où il deviennent macarone, terme qui désigne une pâtisserie et un potage que l'on avale avec du fromage râpé, de la cannelle et du safran. Ils seront rebaptisés au XVIIème siècle, je vous le donne en mille, macaroni. C'est la Renaissance qui introduit les macarons en France, avec notamment les sœurs de l'abbaye Notre-Dame de Consolation de Nancy qui, n'ayant pas le droit de manger de la viande, fabriquent et s'empiffrent de macarons toute la journée. La recette des macarons de Boulay apparaît en 1854 avec un principe inaliénable : un intérieur fondant entouré d'une croûte dure.
A vos fourneaux messieurs-dames !