9 posts tagged “auto-dérision”
A l'armée, on rencontre sur un petit espace (la caserne) tous les cas de l'espèce humaine que vous serez ensuite amené à croiser dans la vie, in the real life !
Il y d'abord les affabulateurs. C'est l'espèce la plus répandue. Ils en ont fait des choses à dix-huit ans, c'est impressionnant ! A tel point qu'au bout d'un moment, plus personne ne les croit. Et c'est comme cela qu'à vingt-deux heures, alors que vous pensez benoîtement que le couvre-feu est respecté, deux soldats viennent vous chercher en catastrophe parce que l'un de leurs camarades menace de se suicider. Après avoir averti l'infirmerie, sans donner d'objet, je fonce dans la chambre concernée pour y découvrir un gringalet sur le rebord de la fenêtre, les deux jambes dehors. A cet instant précis, vous avez deux mille images seconde qui défilent. Que faut-il faire ? Que faut-il dire ? Nous sommes au deuxième étage et, dans le meilleur des cas, ce con va finir handicapé. C'est la canicule depuis deux mois, il ne s'enfoncera pas dans le sol. Donc. Il y a des moments dans la vie où vous prenez LA bonne décision et, grâce à Dieu, ça a été mon cas ce soir là. J'ai pris un ton cassant et dur : Durand, descendez sur le champ !
Je n'avais pas précisé de quel côté de la fenêtre il devait descendre, mais Durand a lui aussi fait le meilleurs choix ce jour-là. L'infirmier de garde est arrivé à ce moment là et j'ai inventé une histoire. On peut faire du trou (prison interne) pour une tentative de suicide. J'ai simplement informé les parents de ce camarade d'infortune.
Dans la catégorie des affabulateurs, il y a eu aussi l'incursion de Paras d'opérette qui avaient subtilisé des grades d'officiers. Ils ont déboulé un soir dans les chambrées, terrorisants mes pauvres petits coqs et châtrons, voulant les mettre au garde-à-vous, leur faire faire des pompes, etc. Je suis sorti (très) énervé mais (très) digne de ma chambre, adoptant un je-ne-sais-quoi de british, le port altier du héron cendré. Je me suis adressé à celui qui se faisait passer pour le Capitaine :
Avec la délicatesse d'une élève infirmière, je lui ai descratché son grade et l'ai mis sous son nez :- Plait-il ?
- Garde-à-vous Lieutenant ! Je suis Capitaine et je passe en revue votre Compagnie !
- Et moi Monsieur, je suis un fils caché de la Reine d'Angleterre. Je connais personnellement votre Capitaine. Je ne lui dirai rien, mais vous allez faire cinquante pompes devant mes petits camarades. Puis vous enleverez vos rangers de danseuses étoile, vous nettoierez avec vos chaussettes les traces que vous avez laissées malencontreusement sur le sol que nous avions lavé avec amour et méthode. En dernier lieu, vous dégagerez pieds nus de cet établissement, de façon à ne pas déranger un seul des graviers que nous avons ratissés avec soin et précision. Compris ?!!
- Oui...
- On dit : Oui Mon Lieutenant !
- Oui ! Mon Lieutenant !
Il y a ensuite les dealers et les cleptomanes. Les murs des casernes n'arrêtent pas les petits caïds. C'était surtout, mais pas seulement, le hachich qui circulait sous le manteau. Manque de bol, si je ne vois pas les reliefs, j'ai par contre un excellent odorat. Un soir, nous avons fait une telle rasia avec mes colatéraux, que les chasse-d'eau n'avaient pas le temps de se re-remplir ! Je me souviens d'un de ces petits imbéciles, qui se croyait plus intelligent que les autres, me menaçant de crever mes pneus. Je lui ai répondu que les trains n'avaient pas de pneus... Ridicule assuré !
Avec mes collègues, on était partagé sur le fait de dénoncer ou pas à nos supérieurs les trafics en tout genre. Ne rien dire eu été considéré comme une complicité. J'ai réussi à les convaincre de na pas le faire, mais aujourd'hui encore, je ne sais toujours pas si j'ai eu raison...
Il y avait enfin tous les petits plaisantins, dont je faisais partie. Parce qu'il fallait bien tuer le temps. Leader, instigateur ou suiveur, j'étais toujours aux premières loges ! Je ne vais pas tout vous raconter car ce sont les mêmes quatre cent coups qu'on pu faire vos pères, frères ou compagnons. Je me souviens en particulier de ce soir ou un collègue et moi nous sommes retrouvés nez-à-nez avec un haut gradé, après avoir fait le mur pour attraper le train précédent. Il était aussi surpris et pâle que nous car il venait d'en faire autant deux minutes après nous. Interloqués, nous nous regardions tous les trois pendant une longue minute. Dans ces cas là, c'est le premier qui parle qui a perdu. Et c'est le supérieur qui a ouvert la bouche : Vous ne direz rien hein ?
On a pris un grand fourire, se tapant dans les mains comme des blacks de Harlem !
En tout cas, à côté de ces péripéties, les sorties dans la boue et autres "missions" toutes plus débiles les unes que les autres, ne furent que des formalités que j'ai bien vite oubliées !
Le Service national n'est plus obligatoire et je le regrette. Non pas que je sois un forcené des armes ou un belligérant patenté, mais parce que j'ai trouvé cette expérience pleine d'enseignement sur la vie en société et... sur l'état mental de ma propre génération. J'aurais plein de choses à vous raconter. Bien entendu, je ne fais jamais les choses comme tout le monde. Comme à l'époque j'étais beau, fort et intelligent, surtout intelligent, je me suis arrangé pour tirer au flanc un maximum tout en récoltant tous les honneurs. C'est comme cela que je suis sortis de l'armée sous-lieutenant. Oui, Madame. Sans rien faire. Uniquement en étant là où il faut au bon moment. C'est d'ailleurs comme cela que ça fonctionne dans la vie civile aussi. Non ?
Je fais toujours rire la galerie, avec mes histoires éculées vécues pour de vrai pendant cette année que la France a perdu à me nourrir, blanchir et loger. Je vais donc vous raconter ma vie de troufion. Les moments les plus épicés.
Le recrutement s'est très bien passé. Sauf que je n'arrive jamais à pisser dans un gobelet, comme ça à la demande. Cet acte demande une réflexion intellectuelle intense. Surtout quand vous vous retrouvez en Marcel entre Jean Némar et Gérard Mansoiffe. Faire couler de l'eau n'arrange rien. Tu peux mettre les chutes du Niagara devant moi, Popaul ne se déchaine que dans l'intimité. Comme j'étais volontaire désigné pour les pelotons d'officiers, il a fallu aussi qu'ils me barbotent au moins trois litres de sang pour vérifier que je n'étais pas un étudiant gauchiste et gay. Je suis ressorti avec un hématome si gros qu'on ne distinguait plus le coude du reste.
Au moment de l'orientation, le capitaine m'a dit : Monsieur Aventurier, vous ne pourrez pas piloter de char, car vous ne voyez pas les reliefs. Mais on a besoin de vos compétences dans le Matériel : Colmar, le 152. (prononcer quinze deux). Je n'avais pas demandé à piloter de char de toute façon. Y a dû avoir une couille dans les quizz. Et pour ce qui est des reliefs, je suppose qu'il n'y a pas beaucoup d'Alsaciennes à forte poitrine dans l'Armée... A moi les Bretzels !
Pour vous accueillir, on vous donne de jolis vêtements. Un trellis dans lequel j'étais engoncé. Y a des gens qui fabriquent ça ? Avec leurs petites mains ? Ais-je demandé. Demain tu ne feras pas le malin ! M'a-t-on aimablement répondu. Les instructeurs sont vraiment aimables ici. Le sourire n'est pas fourni avec le paquetage. Ils ont le point commun d'être nés avec une ventouse. Ca leur a laissé un rictus. On vous donne aussi un superbe survêtement bleu électrique. Putain, j'en ai fait des kilomètres de course à pieds avec ce survêt ! Trois fois huit kilomètres par semaine à fond les manettes. 563ème sur six mille au cross des armées. J'ai mérité une médaille ? Oui, le bronze de la Défense nationale, ça fera un souvenir...
Donc, les instructeurs. J'ai bien compris qu'il fallait les prendre par la corde sensible. Ils n'ont pas eu de chance dans leur jeunesse. Aujourd'hui, on leur donne la possibilité de taper sur des ptis bourges. Ils ne vont pas se gêner ! Sauf que moi je courre plus vite que toi mon petit gar ! Et pourquoi je courre plus vite que toi mon ptit gar ? Eh bien parce que je viens de la banlieue mon ptit gar. Oui en banlieue, on peut décrocher des diplômes, avec plusieurs propositions d'emplois à la clé. Ce n'est pas parce que je fais les peletons que je suis un ptis bourge. Et même si c'était le cas, tu te ferais quand même dépasser sur n'importe quelle distance ! Encore huit kilomètres ? Non, on rentre ? Bon alors on remet ça demain ? Allez Chef, je sens que ça va me plaire l'armée !
C'est comme cela que je me suis retrouvé instructeur au bout d'un mois. J'allais pouvoir m'occuper des vrais et des faux ptis bourges. Premier enseignement : si tu veux être maître-chien, tu dois être plus intelligent que le chien ! C'est ce qu'un Général d'Armée nous disait. Un jour dans son bureau, je lui ai demandé qu'elle était la signification de cette "expression". Il m'a répondu qu'il parlait d'intelligence et non pas de force physique. Et ma fois, j'ai beau être un romantique, un rêveur de monde parfait, un humaniste utopiste, la vie m'a enseigné qu'il avait (malheureusement) raison.
Depuis quelques temps, les créationnistes nous font une petite poussée d'urticaire. Ils sont légions aux States et commencent à prendre du poids (comme tous les bons penseurs !) en Europe. Toujours à remuer le caca, les médias s'emparent du phénomène et nous proposent parfois des confrontations qui me laissent pantois dans le meilleurs des cas, irrité dans tous les autres cas. Non pas que je trouve anormal de voir les uns et les autres s'exprimer, mais parce que ces débats sont pour le moins stériles. Les camps s'invectivent et rien n'avance.
Sur ce sujet mon pragmatisme le dispute à mon penchant naturel pour la rêverie et le romantisme. Je sais pertinemment que les singes ont été au minimum mes cousins. Il y a d'ailleurs des signes qui ne trompent pas. Lorsque je fais le pitre ou que je me gratte la tête quand je réfléchis. Mais lorsque je mets Chita et Eve côte-à-côte (pardon pour le jeu de mots !), je me mets à rêver que la seconde a pu être mon lointain ancêtre. Elle est sortie de la côte d'Adam. Ou de la cuisse ? Je ne sais plus et d'ailleurs je ne suis pas boucher de formation. D'où l'expression l'aile ou la cuisse. Adam, qui est l'ancêtre des garçons de salle, avait fait cette sugestion à Dieu : voulez-vous l'aile ou la cuisse ? Eve, quant à elle, s'est fait rapidement virer du resto quand on l'a surprise à voler les pommes.
C'est comme cela qu'est né le dogme créationniste. Tout cela pour dire quoi d'ailleurs ? Oui, je suis croyant, et je ne supporte plus qu'une minorité imbécile de chrétiens ridiculise la majorité des autres chrétiens avec des théories fumeuses !
Le café philosophique est ouvert !
Chère Madame Meetic,
Je vous suis reconnaissant d'afficher votre sympathique frimousse sur mon blog mais je ne comprends pas bien pourquoi vous voulez m'aider à cliquer. Je connais déjà le clique gauche, qui correspond aux préliminaires puisque, par définition, il est gauche. Je connais aussi le clique droit, qui permet une ouverture par surprise. Je connais même
Je ne suis pas tombé de la dernière pluie et, bien que flatté par votre invitation, je me dois de la décliner sans regrets. Comme dirait mon voisin Buitoni, j'ai les mêmes à la maison et ils me nourrissent l'âme et le corps à satiété. D'autre part, je craints que vous ne soyez déroutée devant mon corps d'athlète, et émue aux larmes lorsque vous aurez lu mes discours d'un niveau intellectuel rarement atteint. Il nous faut donc rompre cette relation platonique et rester en bons termes. En effet, afin de briller en société, il est toujours bon de connaître la-blonde-qui-sait-cliquer.
Bien cordialement, votre Aventurier.
Puisque je vais devoir attaquer une montagne de papiers d'environ 70 cm.
Parce que je me suis remis au vélo hier après-midi et que je ne suis plus en tête de peloton...
Parce que ça m'a valu d'attraper un rhume des foins...
Il me reste mon sens de l'humour !
Bon dimanche à tous et à toutes !!
Pour ce qui est de la compatibilité sensuelle et érotique, je jette sans regret mon dévolu et mes mains calleuses sur la Reine Rania de Jordanie ! On a voulu m'imposer Christine Bravo mais j'ai dit non... Je préfère de loin cette subjugante beauté arabe qui possède un caractère suffisamment trempé pour soutenir l'émancipation des femmes en plein pays musulman. Elle se bat notamment contre de soi-disant crimes d'honneurs commis par des hommes sur leurs sœurs ou leurs filles qui ont déshonorées leur famille.
Je reprends mon souffle pour aborder enfin la compatibilité intuitive et cérébrale, car tout lecteur masculin l'admettra : il s'agit du plus important...
Dans ce domaine de l'intellect, j'aurais pu choisir de renvoyer la balle à Alexia Dechaume-Balleret, Virginie Razzano ou Nicole Vaidisova, mais mon niveau en tennis est si ridicule qu'elles auraient, je pense, rapidement jeté l'éponge ! Non, est mille fois mieux Paule Constant, dont les romans traduisent la même attirance que moi pour l'Afrique. Je vous laisse avec l'une de ses réflexions : on passe notre vie à remonter vers la source.